attention danger

Attention, danger. Une philosophe devait intervenir lors d’une formation pour une centaine de personnes sur le thème « Prendre soin de l’autre ». Elle était prévue pour cette journée organisée par la Conférence des évêques pour ses quelques responsables diocésains de la pastorale familiale. Mais ça n’allait pas : elle a étudié le genre. Alors il fallait agir. Pour le bien. Leur bien. Le bien de l’Église. Le bien de tous. A la suite de pétitions, de courriers, (de plus ?), tout est rentré dans l’ordre : les laïcs de l’Eglise catholique de France ont ramené l’évêque et son équipe nationale à la raison. Ils ont désinvité madame.

Attention, danger. Pour leur préparation au baptême, le Service national de la catéchèse va organiser une rencontre de tous les catéchumènes avec des personnes athées. Sauf que l’un d’entre eux ne croit vraiment pas en Dieu et n’a aucune intention de changer. Ça ne va pas. Alors il faut agir. Pour le bien. Leur bien. Le bien de l’Eglise. Le bien de tous. Commençons par une supplique à Mgr Pontier, le président de la Conférence des évêques. Et envoyons-là par mail, par courrier. Allons même sur place. Au cas où ça ne marche pas. Ça ne peut d’ailleurs que marcher… maintenant.

Attention, danger. Comme chaque année, l’Université catholique de Lyon propose à ses élèves inscrits dans son cursus Relations entre les religions, un cours avec l’intervention d’un imam. Or cet homme est très clairement musulman, sans l’ombre d’un doute. Ce n’est pas un lieu pour son prosélytisme. Alors il faut agir. Pour le bien. Leur bien. Le bien de l’Eglise. Le bien de tous. Commençons par une supplique à Mgr Pontier, le président de la Conférence des évêques. C’est une université catholique qui dépend donc de l’Eglise catholique de France. Et envoyons-là par mail, par courrier. Allons même sur place. Au cas où ça ne marche pas. Ça ne peut d’ailleurs que marcher… maintenant.

Attention, danger. Régulièrement, le Secours Catholique mène avec ses animateurs spécialisés des séminaires de travail. Prochainement ce sera un sur les Roms, avec des témoignages. Pourtant, certains sont clairement… Roms. Alors il faut agir. Pour le bien. Leur bien. Le bien de l’Eglise. Le bien de tous. Commençons par une supplique à Mgr Pontier, le président de la Conférence des évêques, puisque le Secours Catholique est un mouvement d’Eglise. Et envoyons-là par mail, par courrier. Allons même sur place. Au cas où ça ne marche pas. Ça ne peut d’ailleurs que marcher… maintenant.

Attention, danger. Le Mouvement chrétien des cadres et dirigeants souhaite inviter un élu socialiste pour débattre avec un élu de l’UMP à l’occasion des municipales et des européennes, pour voir les programmes de l’un et l’autre sur leur vision économique. Allons bon, ce membre du PS a annoncé être pour le mariage pour tous il y a plusieurs mois. Sûrement des chrétiens ne peuvent pas recevoir cet homme. Alors il faut agir. Pour le bien. Leur bien. Le bien de l’Eglise. Le bien de tous. Commençons par une supplique à Mgr Pontier, le président de la Conférence des évêques, puisque le MCC est un mouvement d’Eglise. Et envoyons-là par mail, par courrier. Allons même sur place. Au cas où ça ne marche pas. Ça ne peut d’ailleurs que marcher… maintenant.

Le premier exemple est vrai et peut se résumer autrement : des personnes ont estimé avoir droit de regard sur le programme d’une rencontre privée d’un organisme de l’Eglise catholique. Qu’est-ce qui, aujourd’hui, empêchent les quatre suivants de devenir une réalité ?

« Cette décision nous a été dictée par la sagesse. Les conditions du dialogue ne sont pas réunies » explique Mgr Brunin, à l’origine de la décision, dans La Croix. « Les organisateurs de la formation comptent remplacer l’intervention de la philosophe – dont l’épiscopat rappelle par ailleurs la qualité des travaux sur la sollicitude et le soutien – par une réflexion sur la question du « dialogue dans l’Église ». La question pourrait également être abordée lors de la prochaine assemblée plénière de l’épiscopat, prévue à Lourdes du 8 au 11 avril », conclut le journaliste Loup Besmond de Senneville.

Ça tombe bien : le dialogue, c’était le thème d’une petite rencontre de l’Université d’été de l’Assomption l’été dernier. On n’était pas un mille et un cent (comme le nombre de signataires de la « supplique » à Mgr Pontier), mais nous étions, aussi, l’Eglise. L’expertise tirée de ces journées de formation et de prière, sont, messieurs les évêques, à votre disposition en ligne. Je suis sûre que tous les participants se feraient un plaisir de vous rencontrer si vous vouliez mettre à profit leur expérience. Eux ne feront que se proposer. Non s’imposer.

Résolution de carême

Alors que faire ? L’envie est forte de succomber à la colère. La colère est déjà là (que dis-je, la rage qui tord les tripes!). Mais voilà, c’est carême. Et si ça ne l’était pas, j’aurais trouvé une autre excuse. Un autre moyen pour dire très clairement : non, votre beigitude de salon ne fera pas pâlir les couleurs flamboyantes de la confiance que je porte aux pasteurs de mon Église. Leurs réactions dans cette histoire me renvoient à mon incapacité à hurler aussi fort que les instigateurs de cette « supplique ».

Alors ma résolution de carême (en plus de moins manger de desserts) : je vais envoyer un petit mot court au Conseil famille et société. Pour leur dire qu’aujourd’hui et tout le temps à l’avenir, comme c’était le cas avant, j’ai confiance dans leur choix. Une confiance vers laquelle ils pourront se tourner quand le doute les envahira face à une prochaine « supplique ». Quand la manœuvre de terreur prochaine se révèlera.

Vous pensez que c’est simple ? Pourtant, si je suis fâchée contre ceux qui estiment qu’ils peuvent terroriser mes pasteurs, je ne suis pas débordante de joie face à la décision qui a suivi.

Destinataires : communication@cef.fr ; Monique.Baujard@cef.fr

Chers membres du Conseil Famille et Société,

Je vous écris suite à l’annulation de la venue de la philosophe Fabienne Brugère. Je tiens à vous faire part de mon soutien : vous avez fait un choix, et je le respecte, même si je déplore que vous ayez eu à le faire.
Je tiens à vous faire part de ma confiance : vous êtes mes pasteurs, et si vous estimez qu’une personne peut enrichir une rencontre, vous avez aussi mon soutien même si je reste silencieuse.
Croyez en vous, n’oubliez pas cette missive dématérialisée. Gardez-là dans votre esprit quand une prochaine supplique viendra à l’avenir.

En union de prière
Lepetitchose

Si une envie de faire de même vous prenait, n’hésitez pas. Peut-être ne serons-nous qu’une poignée. Mais ne voudriez-vous pas qu’un inconnu vous témoigne de la sollicitude, le jour où vous serez au milieu d’une tempête ?

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