crédit : Robotblog.free.fr

« Ma petite fille, il ne faut pas oublier de te reposer. » Combien de fois m’as-tu dit ces mots, l’air menaçante, l’air douce, l’air dérangeante ? A plus de 88 ans, tu te gardes bien d’arrêter de dire ce que tu penses. Que cela me plaise ou non. Ce trait-là de caractère, je sais bien que, grâce ou à cause de toi, il coule dans mes veines.

 

Les tiennes sont à fleur de peau, certaines craquelées, d’autres entremêlées. Elles apparaissent plus fortement quand tu bouges, quand tu avances tout doucement, un pas après l’autre avec précaution comme si le temps s’écoulait un peu moins vite.

 

Pourtant tu sais bien qu’il s’écoule. Avec toi ce n’est pas « l’an prochain à Jérusalem », mais « l’an prochain c’est loin ». Et tu rajoutes toujours « et je ne serai sûrement plus là ».

 

A force de l’entendre, peut-être ton cœur s’est-il senti concerné. A force, peut-être est-il devenu faible. Aujourd’hui, il te prend au mot : il se repose. Ou plutôt il fait des pauses. Et le mien aussi, pétrifié de trouille que l’heure des grandes vacances approche pour ton palpitant. C’est con un cœur, ça n’en fait qu’à son rythme. S’il est aussi têtu que toi, peut-être s’entêtera-t-il quand même encore un peu… Beaucoup.

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