Les présupposés de ce point de vue sont : Dieu est créateur, Il a fait l’Homme à son image et dans chaque naissance, Il est présent ; on ne choisit pas d’être homosexuel ou hétérosexuel, on naît ainsi ; a priori Dieu n’est pas con.

A partir de là, il me parait évident que Dieu n’a pas prévu comme plan pour les personnes homosexuelles de ne pouvoir voir que de loin le bonheur de l’Amour. Je parle de celui avec un grand A, pas celui qui inquiète certains évêques. Celui qui est la vocation de chaque homme et femme sur Terre. Si Dieu a créé l’hétérosexualité, il a pensé à un chemin pour vivre cet Amour. Et la même phrase me semble raisonnablement juste avec l’homosexualité. (Je te vois venir, petit catho : il a pensé un chemin de chasteté pour les divorcés remariés, alors même topo pour les homos. Sauf que l’un dépend d’un choix de l’Homme, l’autre non… cf présupposés) L’objectif de cet Amour n’est jamais, dans un cas comme dans l’autre, uniquement que ces deux personnes soient heureuses et fuck le reste du monde. Il existe pour rayonner. En tout cas, c’est le but à atteindre (tout le monde n’y arrive pas, hétéro compris…).

Les présupposés de la suite de ce point de vue sont : des enfants vivent aujourd’hui avec des parents homosexuels ; tous ces enfants-là ne se sont pas suicidés, ni ne sont tous des accros aux drogues dures ; Dieu n’est pas con et a donné à l’Homme la raison (même s’il ne l’utilise pas toujours).

A partir de là, il me parait évident que la loi doit permettre à ces enfants d’avoir une protection législative afin que s’il arrive quelque chose à leur parent qui a le bon papier administratif, celui qui aujourd’hui ne l’a pas puisse assurer avec stabilité son rôle… et protéger ainsi sa famille. Parce que dans la (grande) majorité de ces familles, l’Amour est déjà là, même si leurs membres sont devenus une famille par des détours par rapport à la « norme ». Que ces familles soient deux ou 50 milliards (oui, mes chiffres sont larges et douteux parce que chaque brebis compte, rappelle toi).

Les présupposés de la fin de ce point sont : les Hommes portent une grosse part de connerie en eux ; mais en règle générale, ils sont quand même à la recherche de l’Amour, oui celui avec un grand A ; Dieu n’est pas con et pardonne aux Hommes ce trait « d’humanité ».

A partir de là, il me parait évident que ceux et celles qui souhaitent se marier ne le font pas pour le plaisir de pouvoir divorcer ; que ceux et celles qui souhaitent des enfants ne le font pas pour avoir une décoration live sur leur canapé ; que ceux et celles qui cherchent la sécurité pour les enfants qu’ils élèvent ne sont pas en quête d’une carte de réduction pour prendre le train. Je n’ai pas de grands et gros chiffres à donner. Et même si j’en avais, je ne les croirai pas. Mais chacun peut se contenter de regarder dans son entourage : la majorité des envies de mes soeurs / frères / cousin(e)s / voisin(e)s / ami(e)s sont assez loin des caricatures de la famille et de la parentalité présentées dans les films, médias, publicité, sondages et autres visions apocalyptiques. Et ce n’est pas parce que je suis très sélective sur mon « entourage »…

Tout ça est très réducteur (c’est le but assumé des « présupposés » qui limitent les champs d’analyse – et j’espère celui des commentaires désagréables). Mais peut-être que certains croyants en Dieu en viendront à arrêter de penser que le fait de ne pas être dans la norme n’amène pas forcément à être excentrique, immanquablement exotique, quelque part difficilement acceptable comme… un frère dans l’Amour. Son égal devant Dieu et par Dieu dans l’Amour.

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