(A lire en écoutant ceci)

Ce soir, de jeunes gens m’ont parlé de Christ, de photos, de leur maman, d’excréments, de théâtre, de philosophie, d’art, de ma maman, de prière, de Marie, d’honneur, de guerre, de paix, de respect, d’ordre, de défense, de christianophobie.

Ce soir, j’ai parlé à des jeunes gens du christ, de photos, de ma maman, de leur papa, de vieux, de théâtre, de symbole, de paix, de guerre, de vieillesse, d’incontinence, de louange, de mort, de Dieu, d’amour.

Ce soir, de jeunes gens ont beaucoup insisté sur l’exemple des martyrs, citant à souhait les premiers chrétiens mourant la louange haute, la foi en étendard et la vérité de leur côté. Dans leurs yeux, l’admiration. Dans leur ton, la fascination.


C’est uniquement ce que je retiens de cette rencontre du troisième type avec des personnes qui mènent un combat que je ne partage, qui professent une façon de vivre la foi catholique que je ne partage, qui agissent d’une manière que je ne cautionne pas. Bref, des personnes qui me hérissent le poil mais qui ont été, ce soir, un joli test à ma patience et à ma volonté de dialogue envers et avec tous.

Car au final, entre les lignes – dites avec calme et les oreilles fermées – s’est dessinée sous mes yeux la vision qui anime cette « jeunesse » engagée, amoureuse du Christ et dévouée à sa cause. Comme une envie de prouver qu’ils peuvent faire aussi bien que leurs aînés (très très lointain quand même), d’être cette minorité qui a dû endurer la petitesse sans faillir avant de conquérir le monde, d’éclabousser les yeux de leurs concitoyens de la pureté de leur Vérité.

Comme une envie de pouvoir mourir pour leur Dieu. Plutôt que de devoir vivre avec Lui, avec Ses détracteurs, avec les « ennemis », avec les pas-contents… Le fantasme ultime. Devenir Saint. Avec les moyens qu’ils pensent que ces derniers ont utilisés.

Dernier détail. Ces jeunes gens aimaient tant citer Matthieu : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le grand, le premier commandement. » Et la suite ? « Oui, elle est importante mais… » Sauf qu’il n’y a pas de mais qui tiennent. La suite c’est « Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Si jamais l’un de ces jeunes gens s’attardent ici, j’espère qu’il ira jusqu’à lire la définition mise en lien. Parce que je ne suis pas sûre qu’ils se hurleraient sur eux-mêmes des bouououh menaçants, qu’ils se jetteraient de l’huile de vidange dessus, qu’ils se tapisseraient le manteau d’œuf.

Ah oui : pas la peine de revenir sur les débats « l’art peut-il tout se permettre », « les chrétiens de France sont-ils persécutés », « comment puis-je laisser mon Dieu souillé ainsi », « que répondre quand on se sent attaqués », « faut-il défendre l’honneur du Christ », « les bisounours sont-ils les nouveaux hipsters de Jésus »… D’autres ont été bien meilleurs que moi sur cela.

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