Ce week-end, les États généraux du christianisme nous poussent à nous interroger. Avec ces nombreux débats, La Vie nous questionne « Faut-il avoir peur ? » Peur de quoi, peur de qui ?

Samedi après-midi, l’une des rencontres se fait plus précise dans un domaine particulièrement en vogue avec l’arrivée des élections : « Faut il craindre la montée des populismes ? »

C’est d’autant plus intéressant qu’au même moment, à quelques centaines de mètres de l’université de la Catho de Lille où se tient l’événement, doit avoir lieu une manifestation officiellement pour « la défense de nos emplois, de notre avenir, de notre pays ».

Le problème c’est que cet événement est organisé par des groupuscules d’extrême droite, dont Troisième Voie et le Front Comtois. « Je ne peux pas être à droite, ou à l’extrême d’une droite que je combats », disait Serge Ayoub cette semaine dans les colonnes de Nord Eclair. Il est alors important de se rappeler qu’il reste connu pour ses exploits de skinheads dans les années 1980.

Quant au Front comtois, leur président passera devant le tribunal le 8 décembre pour provocation à la haine et à la discrimination raciale. C’est une plainte de diverses associations des Droits de l’Homme qui l’amène ici, choquée par des affiches du groupe proclamant « Ici c’est la Comté, pas Alger ».

Au hasard de leur blog (je ne mets évidemment pas de lien…), on peut découvrir Ratko Mladic, le « boucher des Balkans » inculpé de crime contre l’humanité, érigé en « patriote s’étant battu contre l’invasion islamique ».

Bien à propos donc ce débat sur les populismes dont le visage sera dans la rue voisine. Que répondre en tant que chrétien ? Marcher à la suite des dizaines d’organisations des Droits de l’Homme et d’extrême gauche qui feront une contre manifestation ?

Un autre débat apporte une réponse alternative à cette action pourtant utile, en se demandant « Le christianisme peut-il contribuer à un environnement pacifique ? ». La deuxième réponse (la meilleure ?) se lit dans la dernière soirée des États généraux : la projection d’un film sur Joseph Wresinski, le prêtre insoumis qui voulait non pas combattre la misère mais la détruire (superbe documentaire diffusé sur France 3 le 18 octobre). Car c’est bien le terreau de ce populisme.

Et c’est là que le combat prend toute son importance pour nous chrétiens, avoir le courage de se mettre à terre avec le plus petit pour l’accompagner dans sa montée. La Vie ne l’a d’ailleurs pas oublié de son programme, avec un autre débat : « Le courage, une vertu évangélique ».

LienCe texte a été écrit pour la chronique Blog-notes sur Radio Notre Dame, que l’on peut réécouter ici.

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