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Pour les chrétiens d’Orient, je pourrais signer des centaines de pétitions. Je pourrais argumenter quotidiennement sur des sites, blogs ou plates-formes. Je pourrais laisser trainer des commentaires enflammés à la suite d’articles. Mais j’ai préféré aller voir leur liturgie, héritée des premiers chrétiens ; entendre leurs chants, entonnés dans la langue du Christ ; goûter la communion avec eux.


Toi qui lis ces lignes, tu aurais pu ne pas suivre le lien qui t’a amené. Toi qui tombes par hasard chez moi, tu aurais pu fermer la fenêtre au bout du troisième mot. Toi qui as subi mes pérégrinations gazouillantes, tu aurais pu m’effacer de ta time-line.

Mais si un seul d’entre vous a été touché, comme je l’ai été, je n’ai pas perdu ma journée. Je te l’offre.


Live-tweet d’une messe pas comme les autres, #uneAutreMesse.


10h03. En route vers le 5e arrondissement parisien pour partager la messe de la communauté catholique syriaque.


Pourquoi maintenant ? Parce qu’on les tue, ces chrétiens d’Orient.


Parce qu’en Irak, depuis lundi dernier, un crucifix est devenu une cible « légitime » pour l’islamiste.


Parce que l’être humain derrière ce crucifix risque sa vie alors qu’il y habite depuis plusieurs génération. Quelque 2000 ans.


Sur la situation actuelle de ces chrétiens d’Orient, @koztoujours enfile si bien les perles du Net.


Plutôt que signer des pétitions, crier c’est horrible en statut, flooder ça craint en 140s, je préfère aller voir et te raconter.


Le 5e donc, quartier plein d’églises d’Orient, comme je te le disais déjà dans cette mini-enquête.


Ces catholiques de rites orientaux sont entièrement rattachés à l’Église catholique universelle et reconnaissent le pape.


«Église syriaque», où je vais, ne veut pas dire fidèles qui viennent de Syrie mais église pratiquant le rite syriaque.


Cette Église, la plus petite du Proche-Orient, rassemble 100 000 fidèles dans le monde. Un peu moins après l’attentat…


Pour mieux comprendre toutes les églises d’Orient, Nicolas Senèze est un crack.


Pour mieux comprendre l’église syriaque catholique, Wikipédia s’en sort bien.


Nota-Bene : en Irak, il y a eux, et aussi des Chaldéens catholiques . C’est pas les mêmes, mais ils se font tuer pareil.


L’église Saint Ephrem se remplit peu à peu.


Si tu veux voir la réalité des chrétiens d’Irak en face, lis Sébastien de Courtois. Quelques extraits

Superbe iconostase en bronze dans cette chapelle http://bit.ly/c0H6VC


Ici, deux cent familles arrivées entre 1960-1990 pratiquent leur foi tous les dimanches.


J’ai mon livret pour les francophones. Je ne serai pas totalement perdue \o/ http://bit.ly/c8qxlQ


On rajoute des chaises. Une centaine de personnes se pressent. (Ndla : ils seront près de trois cent finalement)


Suspendue à une des ouvertures de l’iconostase, une lumière rouge, la présence divine.


Trop de monde. On s’entasse au fond. Joli soutien pour cette messe en l’honneur des chrétiens d’Irak morts la semaine dernière.


Les chants commencent. En syriaque, un dialecte de l’araméen, la langue du Christ.


Encensement des offrandes, un nuage envahit la petite chapelle qui chante.


Les clochettes sonnent au rythme des hymnes. Se taisent pour la lecture de la lettre de St. Paul… En français.


Les voix du prêtre et des diacres, cristallines, guident l’assemblée. Pas d’instrument, seulement les clochettes.


Porte ouverte, fidèles jusque sur le seuil de la chapelle. Impressionnant.


Lecture de l’Evangile en araméen d’abord, puis en français. Une communion intense. Je n’ai pas de mot pour cette ambiance-là.


« Nous sommes si nombreux aujourd’hui car nous sommes en communion avec les chrétiens d’Irak », Mgr Bressolette, vicaire épiscopal en charge des églises d’orient de Paris.


Mgr Bressolette appelle tous les catholiques latins à entrer en communion avec les chrétiens d’orient.


« La foi et la lumière du Christ nous sont venues d’orient » insiste-t-il.

Le père Warde, prêtre de la communauté syriaque catholique, commence son homélie.

« Dire des paroles de sympathie, de solidarité n’est rien. Nous devons passer de la parole à l’action. »

« On ne peut pas subir sans rien dire. C’est l’ignorance qui pousse au fanatisme », le père Warde parle avec ses tripes.

« Ces terroristes, j’ai pitié pour eux », renchérit-il.

« Ces gens n’ont pas le courage de lever la tête vers dieu, comme Jésus l’a fait sur la croix. »

« Quelles que soient nos religions, nous sommes les fils de Dieu, pas les esclaves de Dieu. »

Cri du cœur du père Warde : « Pourquoi les autorités irakiennes ont elles enlevé les gardes protégeant l’église deux jours avant l’attentat ? »

« Vous, les pays puissants, luttant par la voix pour les droits de l’homme, passez donc aux actes ! »

« Nous ne demandons que la sécurité, protéger les lieux de culte ne couterait pas grand chose. »

« Nous croyons tous en un même dieu », finit le père Warde, passionné, meurtri, applaudi a la fin de son homélie très politique.

La paix du christ est transmise de mains en mains. Jointes, elles enserrent celles du voisin qui transmet ensuite ce qu’il a reçu.

Diacres tournés vers l’autel, prêtre face aux fidèles, mains en l’air. « Nous rendons grâce au Seigneur » en arabe.

Consécration en araméen. Cela fait bizarre d’imaginer les disciples de Jésus prononçant les mêmes mots…

« Lokhou msabhinan », nous te louons.

Prière pour les blessés qui arrivent demain en France. Amin.

Prêtre et diacres chantent en donnant la communion. Les regards des fidèles se croisent. Sourires dans la communion.

« Nos martyrs ne sont pas morts, mais vivants auprès de Dieu », clôt le père Warde.

Ma voisine : « Vous avez raconté la messe à quelqu’un qui ne pouvait pas venir avec votre téléphone ? C’est bien, il faut en parler pour les aider. »

Victor, diacre qui s’active à servir le café, a perdu son cousin dimanche dernier, l’un des prêtres assassiné lors de l’attentat.

« Trois cent personnes environ, c’est bien mais peu face à l’ampleur de la situation là-bas », dit-il.

#UneAutreMesse c’est fini pour moi. Mais pour les chrétiens d’Irak et d’orient, rien ne s’arrête pas…

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