Ecris en écoutant Keny Arkana, Ils ont peur de la liberté

Comme disait l’autre, on est tous le con de quelqu’un. Toi, tu es le mien.
Toi, avec ta Bible. Prisonnière de tes doigts crispés, brandie en l’air, vers le ciel. Comme si des ailes allaient pousser de ton cul pour prouver ta plus grande Sainteté.
Toi, avec tes Dix Commandements. Et le poids de ton Histoire. Que tu dégaines aussi vite que ton fusil. Sans jamais laisser sortir un mot simple de ta gorge nouée par la peur de l’Autre. Souillant la première de tes חוקים.
Toi, avec ton Coran. Simple fidèle ou imam respecté des tiens, tu persistes à te taire et te caches quand tes frères devant le Très-Haut justifient l’explosion de leurs tripes au cœur d’une foule anonyme. Déformant le nom de ton الله
Toi, avec ta Constitution. Mise sous verre, accrochée au mur. Pas une ride, contrairement à ton visage ravagé. Pas une tache, contrairement à ce crachat qui s’échappe dès que tu ouvres la bouche. Une vraie douche à mes yeux, obligée de t’écouter vociférer haut et fort.
Toi, avec tes Droits de l’Homme. Que tu ressors du tiroir quand tu en as besoin, tous les 36 du mois. Tu te bornes à ne pas voir plus loin que les mots, à idéaliser ses belles tournures pour les gueuler sur commande. Selon ton bon vouloir. Faudrait pas qu’ils viennent emmerder ta routine.
Toi, avec tes colonnes de chiffres. Que tu plaques sur le monde. Je ne rentrerai pas dans tes cases, tes grilles de pensée et d’analyse. Je les fausse à dessein. Parce que brouiller les pistes, te pourrir quand tu dis des conneries en mon nom, est mon ultime liberté.

C’est plus compliqué ? Je m’en fous. Aujourd’hui, tu es mon con et je ne suis pas prête de t’inviter à dîner. Vous pullulez et je n’aime pas les banquets. Je boirai seule à notre perte. Une coupe de larmes amères. Jusqu’à la lie. A finir bourrée. Bourrée d’amour pour toi, humanité de merde.

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