Son nom. Lu et approuvé. Sa signature. Son premier contrat de travail. Elle sourit. L’employée en face d’Elle range les papiers. En sort d’autres. Le petit bureau respire la paperasserie entassée dans les tiroirs qui montent jusqu’au plafond. « Il ne reste plus que l’assurance décès ». Elle en perd son stylo. Et ses mots. Bouche bée devant la dame qui lui tend la feuille, comme s’il s’agissait d’un carnet de ticket restaurant.


« Mais prenez le temps de répondre ». Il lui en faut un peu pour digérer l’information : alors qu’Elle entre sur le marché du travail, Elle doit penser à sa mort. Elle baffouille quelques mots, tentent de se rattraper avec une phrase convenue. L’employée lève enfin les yeux et réalise que la question n’est peut-être pas aussi « banale » que poser quelques pattes d’oie sur un formulaire administratif.


« Ce n’est pas une décision à prendre à la légère », ajoute la dame. Deux semaines plus tard, Elle n’a toujours pas renvoyé les documents. Elle le sort tous les jours, inscrit sur son agenda de le faire. Et les détails de la vie occupent tout le reste de sa journée. Combien de temps prend-on pour envisager le pire ?




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