Samedi 10 octobre. 22h. Elle loge dans un appartement meublé que la propriétaire loue régulièrement à l’association de médecins. Situé à quelques intersections de l’artère principale de la capitale, la rue Stefan Cel Mare, le parc d’immeuble paraît avoir été construit durant la période soviétique, quelque vingt ans plus tôt. Dans l’obscurité de la nuit, il Lui semble que d’immenses arbres portent leurs ombrages sur les façades beiges. En fait, les taches plus sombres révèlent l’usure de la peinture. Après avoir franchi la porte bleue, Elle manque de tomber dans les escaliers : les marches de béton sont loin d’être nivelées. Au premier, des prospectus dépassent des boîtes aux lettres en fer rouillé comme si plus personne ne lisait son courrier depuis bien longtemps.


Derrière la double porte blindée de l’appartement, se cache l’ambiance des maisons d’antan. Moquettes à fleurs marron orangé, tapis à frange qui recouvrent un canapé-lit, armoire en bois massif, carrelage et tapisserie jaunie au mur. Elle s’attend presque à trouver une vieille dame sur le tabouret blanc de la cuisine, dans un grand jupon noir, un éplucheur à la main et un sac de patates sales sur la table. Sous le regard figé d’une tête de biche en plastique, Elle sort goûter à la frénésie d’un samedi soir dans le pays le plus pauvre d’Europe.

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