Autour d’Elle, Ils sourient à tout-va, Ils tendent leurs mains vers les nouveaux arrivants. Elle se balance sur ses pieds, s’assoit dans le fond de la salle avant de se dire que cela fait encore plus bizarre. Elle s’avance discrètement et se cale derrière la vingtaine de personnes présentes.

Le berger, meneur de la prière, prend la parole : « c’est tout simple ». Elle n’est pas convaincue. L’assemblée se tourne vers un petit autel aménagé sur une table avec un drapé, une croix et une icône : Elle se prépare à vivre sa première expérience chez les charismatiques.

Les personnes du premier rang entonnent une louange. Au bout du premier couplet, les mains se lèvent, les yeux se ferment, le rythme s’accélère. Le berger prend le micro : « Si vous avez envie de dire quelque chose, ne vous retenez pas ». Elle regarde avec curiosité les autres. La cadence est vive mais Elle ne se sent pas de taper dans ses mains.

Ses acolytes chantent de plus en plus fort. Son bassin commence à aller de droite à gauche mais Elle conserve une certaine gêne. Pourquoi crier qu’Elle aime Dieu alors qu’Il le lit dans son coeur ? Pourquoi applaudir Jésus quand Il entend les murmures de ses pensées ?

Une fois la session finie, Elle sait qu’un air perplexe s’affiche encore derrière sur ses joues. Si Elle ne sait pas encore quelle est la meilleure manière de prier pour Elle, Elle peut déjà dire que ce moyen d’expression de la foi ne lui convient pas… encore. Car, paraît-il, être chacha, ça s’apprend aussi.

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