Et les temples chanteront pour toi


L’immersion a commencé et les heures de sommeil se rétrécissent à vue d’oreiller. Mais le jeu en vaut la chandelle. Dans ce pays mythique, le mystique prend toute sa puissance. 


Mon tour des lieux de culte a débuté par la cathédrale de Chengdu. Contrairement à l’image que l’on a d’une cathédrale, cette église aux colonnes de béton et aux murs beiges fait plus penser à une construction moderne qu’à un lieu vieux de 120 ans. Construite par les Missions étrangères de Paris, elle ressemble à l’Eglise officielle de Chine, un peu fausse mais pleine de croyants de bonne volonté. Si la messe répond aux mêmes codes que les nôtres, la bénédiction est sensiblement expédiée bien que l' »Alleluha » semble international. 

La mosquée de Chengdu n’a rien à envié aux temples bouddhistes. Toits en pointe avec des fenêtres style arabe, des dragons taillés sur les murs avec des mosaïques à la turque au sol, des jardins au milieu des cours à colonnes enroulées. Il est quand même surprenant pour mes yeux d’occidentale de voir de vieilles chinoises portant le voile et de vieux chinois en vêtement traditionnel musulman. 

Le temple taoïste est payant mais c’est sûrement pour la bonne cause. Visité sous la pluie, chaque petite pagode qui accueille une statue d’un dieu ou d’un bouddha aux couleurs flamboyantes et au regard transperçant semble naître de la brume. Lao Tseu a dit « tu dois trouver la voie ». Heureusement ici, personne ne nous coupe la tête si l’on se perd dans les innombrables allées. 


Le temple protestant reste très classique, tellement qu’il dénote du reste de l’architecture du quartier. Les grosses pierres marronâtres accueillent une grande salle de prière avec d’énormes idéogrammes chinois au dessus du choeur.

 

Vous allez me dire : et les croyants dans tout ça ? Où sont-ils ? Qui sont-ils ? Comment sont-ils ? Ils sont chinois, ressemblent à des chinois, et se fondent dans la masse car, comme nous l’a expliqué notre étudiante chinoise, « la religion est un sujet sensible ici… » Quant aux actions des religions pour les zones sinitrées par le séisme l’an dernier, s’ils continuent tous plus ou moins à faire des choses pour les survivants, très peu de célébrations avec eux sont prévus pour les commémorations le 12 mai prochain. On pourrait penser qu’une présence, qu’une prière ensemble serait un minimum… Pas ici. Sans compter que, à presque deux semaines de l’événement, toutes les commémorations prévues sont encore à l’étude sur le bureau de l’office des religions, aka le Parti. 

PS : Et la montagne chantera pour toi, tome 2 de « Jonathan ».

Ecris le 29 avril.

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