Le berceau du Sichuan 


En sortant de l’aéroport, la première impression est que l’on arrive dans une ville occidentale des années 80, sauf qu’il n’y a pas un occidental à la ronde. Notre petit hotel (marque Ibis très probablement) n’est ni un repère à cafard ni un taudis aux odeurs nauséabondes, ce qui n’était pas gagné. Pour notre première après-midi, dix minutes après être sortis de l’hôtel, nous avons déjà réussi à finir fichés par les militaires chinois. Un de mes camarades a voulu prendre en photo un superbe bâtiment de l’armée. Malheureusement les énormes panneaux rouges qui en barraient l’accès énonçaient clairement -en chinois- que toute photo était interdite. Heureusement que l’un d’entre nous baragouine quelques mots du dialecte local car l’officier supérieur n’a pas du tout aimé que nos passeports soient restés à l’hôtel. Au bout d’une heure, après nous avoir pris cinq fois en photo, ils nous ont laissés partir grâce à l’intervention d’un de nos professeurs. 


Le ventre vide, nous avons donc crapahuté dans les ruelles piétonnes de la ville pour nous installer sur des chaises en plastique avant qu’un « cuistot » nous dépose un bol de soupe aux nouilles arômatisées avec je ne veux pas savoir quoi et des morceaux de viandes bouillis. Pour mon premier repas chinois, j’ai réussi à manger la moitié du plat avec de commencer à ne plus sentir ma bouche et que mon estomac -surtout la douleur de celui-ci- ne se réveille.  


Fidèle à mes convictions, j’ai entraîné notre petite troupe vers le temple bouddhiste le plus proche. Le monastère Wenshu est l’un des plus anciens de la ville et surtout, c’est un des quatre temples réputés mondialement pour la branche zen (prononcez tchan) de cette religion. Une multitude de cours, un grand jardin aux chemins de 

pierres, une dizaine de bâtisses en bois peint de rouge, des toits en ardoises arborant de fiers dragons figés depuis 1500 ans… Une ambiance paisible au coeur d’une ville qui vit à mille à l’heure. 


Demain, nous rencontrons nos « binomes » et attaquons le travail de notre magazine, en espérant que l’on aura quelques jours de libre pour aller voir « le grand bouddha », haut de 78 mètres et situé à deux heures de route de Chengdu. 

PS: Le berceau du bodhisattva, tome 4 de « Jonathan ». 

Ecris le 24 avril, le lendemain de notre arrivée. 

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